Ma Anandamayi

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Ma Anandamayi fut reconnue comme la plus grande sainte de l’Inde du 20ème siècle. Elle était en fait une avatar, selon de très nombreuxsages qui ont parlé d’elle.
Des disciples qui voulait l’aider dans la transmission de sa parole et de sa shakti, lui ont construit plusieurs ashrams dans toute l’Inde.

Ma, jeune, elle a reçu peu d’instruction et enseignements. Elle n’est allée que deux ans à l’école primaire; plus tard, il s’est avéré qu’elle connaissaient tous les livres sacrés.

Elle a autant transmis par sa présence que par ses paroles. Elle s’est contentée de répondre aux questions. Ses réponses ne venaient pas de l’intellect, mais d’un état supérieur de conscience, trouvant les termes adaptés aux personnes en face d’elle. Bien que citant des doctrines, des philosophies, les textes sacrés hindous, elle se situait au delà.

L’ashram principal de Mâ Anandamayî est situé sur les bords du Gange à Kankhal, près d’Hardwar, à l’endroit où le Gange sort de l’Himalaya. C’est là que son corps repose depuis 1982. Elle a vécu jusqu’à quatre-vingt-six ans.

Mâ se présentait comme la « petite fille » des gens âgés, et comme « l’amie » des jeunes.

Son nom signifie « celle qui est imprégnée, constituée de joie spirituelle ».

 « Je suis hindoue, musulmane, chrétienne… tout ce que vous voulez ».

« Je n’ai aucun sens de l’ego ni de la séparation. En moi, chacun de vous a dans une égale mesure la hauteur et la profondeur de l’éternité ».

« Quand vous chantez les noms de Divins ou les mantras, votre esprit est progressivement purifié ; l’amour et la vénération pour l’Etre suprême est éveillé et vos pensées deviennent pures et subtiles. Alors vous vous mettez à avoir des aperçus des plans supérieurs d’existence et à travailler pour votre progrès spirituel. »

« Toute chose doit avoir un noyau autour duquel les sensations puissent se développer. Plus votre esprit trouve son centre, et plus haute est la note de santé, de paix, de tranquillité. Et alors un aperçu de l’Infini peut devenir possible. Choisissez une image ou une silhouette ou un symbole ou un son comme centre de vos pensée et tenez vous y constamment…Un sentiment de dévotion se développera peu à peu et Dieu sera installé sur l’autel de votre coeur »

 

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« Ce corps est comme un instrument de musique. Ce que vous entendez dépend de votre façon de jouer ! « 

« La mère Universelle sait quand vous jouer à l’appeler et quand vous avez vraiment besoin d’Elle. L’approcher pour la forme est une chose. Mais si un de ses enfants s’est fait mal et l’appelle, elle accourt aussitôt. »

« Il n’y a de méditation réelle que lorsque la méditation jaillit spontanément. Elle doit venir d’elle-même sans effort. »

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Mâ Anandamayi ne fait aucun discours, ne professe aucun enseignement, elle répond à ce que nous sommes. Ses réponses varient suivant les personnes, le contexte. Ses mots, ses gestes délicieux, ses chants, ses silences, ses rires sont sans intention, sans volonté ni désir, ils jaillissent spontanément de l’intérieur nous invitant à traverser le miroir, à retourner dans l’immensité qui est notre vraie demeure.

Elle se dit : « née de la prière des hommes »

Cerner la « personnalité » de Ma est une gageure. À la question « Qui êtes vous ? », elle répondait qu’elle était « née de la prière des hommes », qu’elle avait simplement pris la forme de leur attente.

« Où que vous soyez, c’est là qu’il faut commencer le voyage »
Alors qu’en Occident, le terme « mystique » a en grande partie perdu son sens initial – « ce qui est relatif au mystère – pour ne plus désigner qu’une
forme de religiosité sentimentale et dualiste, en Inde, la mystique est une voie d’union à Dieu conduisant à la réalisation de la non-dualité entre l’amant et l’aimé, entre le Soi et l’Absolu, l’Atman et le Brahman.
Nirmala Sundari Devi, célèbre ensuite sous le nom de Ma Ananda Moyi naquit dans un petit village qui fait actuellement partie du Bengladesh. Issue d’une famille de brahmanes, toute sa vie elle vécut selon la maxime « Jo ho paye » (advienne ce que doit), s’abandonnant sans réserve à la volonté divine, ce qui avait parfois des conséquences imprévues.
Toute sa vie Nirmala n’a jamais exprimé le moindre désir. Toujours heureuse et prête à aider, elle ne pleura jamais, ni à sa naissance, ni plus tard, sauf pour détourner sa mère du chagrin lors de la mort prématurée de ses fils. Elle ne suivit guère que deux ans les cours de l’école du village et n’a jamais su véritablement ni lire ni écrire. Plus tard, quand on lui demandera de mettre son autographe, elle signera en faisant un point. À 13 ans, elle est mariée à Ramanimohan Cakravart (connu sous le nom de Bolanatha), brahmane originaire d’un village près de Dacca. Ce mariage n’a jamais été consommé physiquement. Bolanatha considéra rapidement sa femme comme son gourou et lui laissa une grande liberté. Devenu sannyasin, il lui restera fidèle jusqu’à sa mort en 1938.
Après son mariage, Ananda Moyi s’occupa des tâches ménagères et vécut à Aptara où son mari avait trouvé un emploi dans le département de la police. Par la suite, il sera nommé à Antagrama dans les services de l’agriculture, puis à Bhajitpur. En 1922, Ananda Moyi confère l’initiation (diksha) d’abord à elle-même puis à son mari. C’est la seule fois où elle donna l’initiation à quelqu’un, ayant toujours refusé d’initier des disciples.
En 1924, Bolanatha trouve un emploi comme directeur des jardins Shag-Bag de Naw et de Dacca. C’est durant cette période qu’Ananda Moyi se nourrit, pendant trois ans, de trois grains de riz par jour. Elle passe aussi de nombreux mois dans un silence total. En 1926, elle rencontre Gurupriya Devi (Didi) qui ne la quittera plus, et Jyotis Candra Ray connu sous le nom de Bhaiji. Ce dernier construisit le premier ashram d’Ananda Moyi à Dacca en 1929. À partir de cette date, elle n’arrêtera plus de voyager. Allant de communauté en communauté, elle est le centre d’une intense activité spirituelle : chants, récitations à haute voix de la Gita, des Upanishads et méditations. Sa notoriété devient alors nationale et même internationale. Elle reçoit la visite de Gandhi, Nehru et Indira Gandhi. La première occidentale à rejoindre son ashram en 1943 est une pianiste autrichienne, Blanca Schlamm, qui devient sannyasin sous le nom d’Atmananda, et remplit souvent le rôle d’interprète. 

Même si le chemin qu’elle proposa le plus souvent fut celui du Bhakti Yoga (yoga de la dévotion) elle parlait aussi sur un plan de Non-dualité selon son auditeur. Bien qu’elle défendait la tradition religieuse hindoue, elle ne se rattacha à aucune doctrine tout en recommandant l’une ou l’autre selon les besoins qu’elle percevait chez son interlocuteur. Bien souvent, elle expliqua que les enseignements de tous les maîtres authentiques, puisés à des sources véritables, sont exacts et valables pour ceux à qui ils sont destinés. Le fait qu’ils puissent paraître contradictoires ne retire à aucun d’eux la valeur qui leur est propre en tant que l’un des chemins spirituels à parcourir.

Toute sa vie fut dévouée aux autres, afin d’offrir un message d’amour à chacun, aussi bien à un chercheur de vérité qu’à un paysan illettré ou à celui qui a commis crimes ou délits.

La simplicité de son enseignement se résume en ces quelques mots, sans allusion à une doctrine ésotérique secrète mais avec l’urgence d’un appel : « Être en confiance avec Dieu, s’abandonner, se reposer en lui. Accepter tout ce qui arrive comme venant de lui. II s’agit de considérer ce que l’on fait comme un service. Alors seulement à ce prix, sera-t-il peut-être permis de s’éveiller à une dimension plus vaste, un vécu réel s’ouvrant sur l’infini. »
Ma Ananda Moyi a quitté son corps à Hardwar en août 1982.