Christ et Vedanta

La sagesse hindoue a appelé Brahman, l’Absolu, l’Être en soi et par soi, « l’essence et la base ultime de toutes choses.

Les Rishis (anciens voyants) des Upanishads, trouvèrent l’Absolu dans le Cosmos et l’appelèrent Brahman ; ils le trouvèrent aussi en eux-mêmes et l’appelèrent Atmân (le Soi, « je suis », l’Etre).

Et leur grande découverte fut de voir que Brahman et Atman étaient deux aspects d’une même réalité. Tel est le message du Vedanta.

Le Vedanta comporte deux grandes voies: la voie dualiste (Dvaita) « moi et toi sont différents » et la voie non-dualite (Advaita) « moi et toi sommes un »; « Tout est Un ».

Ces deux voies sont apparemment totalement différentes, mais trouvent leur convergence en leur sommet. « Bhakti et Jnana conduisent au même but. » (Ramana Maharishi).

Cet Advaita n’est pas une spécificité de l’Inde. Ainsi en Jésus L’expérience de l’Advaita vedanta se révèle quand il dit  » Moi et le Père sommes Un ».

Et en même temps pour Jésus, Dieu le Père est vraiment un « autre » à qui il dit :
« Tu », et Jésus s’entend dire par Dieu : « Tu es mon fils ».

Jésus n’a jamais ressenti l’angoisse des mystiques devant l’infini de Dieu. Le « Tu » qu’il disait au Père ne le séparait en quoi que ce soit de Dieu. Être de Dieu et être un avec Dieu, cela se rejoignait au fond de la conscience de Jésus de la façon la plus naturelle et la plus essentielle. Cela fait écho à la voie du Dvaitadvaita.

L’originalité de la conscience que Jésus a eue de lui-même ne peut être déterminée aussi aisément qu’on l’a parfois supposé. Ce n’est pas la réflexion sur quelques unes de ses paroles qui va nous conduire à la pleine compréhension du mystère.

Cependant nous reconnaissons que l’essentiel de son message est de révéler l’amour du Père. Cet amour qui rapproche l’immensité du Divin à la mesure de l’etre humain.

L’expérience christique accomplit l’expérience védantique.

Quand le Christ dit  » avant Abraham, je suis «  (Jean, VIII, 58) l’essence de ces paroles est bien le message du Védanta: ce « je suis » est universel, et non individuel. « Demeurez dans la conscience du « je suis » disait Ramana Maharishi.

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Le Jésus de l’histoire est inséparable du Christ universel; et sa présence universelle et son action universelle ne peuvent pas être liées par les limites du bercail méditerranéen.

La pensée juive et grecque a modelé le christianisme méditéranéen. Mais l’Evangile s’est répandu rapidement. St Thomas l’apporté en Inde (son tombeau est à Chennai).

Et là la parole du Christ s’est enracinée dans une autre culture et une autre vision du monde. Ce n’est pas une étude intellectuelle qui va nous aider à nous comprendre la nouveauté venue de l’Inde, mais bien l’expérience intérieure de la Présence.

J’ai personnellement découvert, dans des détails des Evangiles, beaucoup de similitudes avec la vie des yogis.

Les Hindous vénèrent Jésus comme un avatar. Ils le vénèrent comme un Fils de Dieu. Ils disent simplement qu’il n’est pas le seul, et que tout homme est appelé à devenir oint, c’est à dire Christ, et à retrouver sa nature de Fils de Dieu.

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« Moi et le Père nous sommes un » disait le Christ (Jean 10,30). « Je suis Lui » disent les sages de l’Inde. C’est le fait que découvre tous les hommes libérés de la carapace illusoire du moi, qu’ils soient d’Asie ou d’Occident. C’est la voix de tous les hommes fondue dans une conscience cosmique où nous sommes tous les fils de Dieu.

 

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Entre Dieu et l’homme, c’est comme une proximité et une distance qui s’appellent mutuellement. Présence et transcendance se révèlent dans l’immanence.

Seule en effet, l’immanence rend possible la transcendance, et réciproquement. Ce sont deux faces complémentaires d’une unique réalité. C’est dans la mesure même où l’homme pénètre en soi qu’il parvient à Dieu.

Pour trouver Dieu, en vérité, il lui faut descendre jusqu’au plus profond de soi.

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La vérité n’est ni une théorie, ni une croyance, ni une vision intellectuelle. La vérité est au delà de toute pensée. La vérité est le visage même de la réalité. Pour l’homme, c’est la connaissance de sa nature originelle et de son destin.

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Il est considéré que la Voie originelle du Christ commence à la fin de l’âge apostolique, (période comprise entre l’Envoi en mission ( Mt 28:19-20) et s’achève avec le concile de Nicée (325) où toute l’église et les dogmes se structurent alors de façon quasi-définitive.

Avant ce moment là ce n’était pas l’institution qui primait, mais la vie vécue en accord avec les différentes paroles recueillies du Christ, et la transmission, non pas symbolique mais spirituelle, d’une authentique Vérité de fraternité et de transcendance.

L’élaboration d’une doctrine christologique, avec le concile de Nicée, ne répond pas à une nécessité intrinsèque de la Voie de Jésus-Christ, mais à l’institutionnalisation, sous la houlette des empereurs, de Constantin à Justinien, d’une croyance soutenant les pouvoirs politiques en place. La Voie du Christ se poursuivit alors dans les deux dimensions: mystique et politique.

Par la suite les différentes églises ( dites catholique, orthodoxe, réformée, protestante, évangélique, etc… sont apparues au fil du temps en adoptant (et interprétant) les textes bibliques qui satisfaisaient leur vision de la réalité.

Le message de Jésus, tout en conservant sa force dans les écrits, s’est retrouvé encombré et déformé par les commentaires successifs des chefs des différentes églises qui en ont fait un support de leur institution.

Mais pour l’être assoiffé de vérité, la lumière qui demeure dans les évangiles canoniques est encore porteuse d’une force de transformation extraordinaire.